On arrive au parking de la Capoulière à Mauguio, VTT sur le toit, et la première chose qu’on remarque, c’est le sol. Selon la saison, le chemin qui mène à la pointe du Salaison oscille entre terre battue sèche et boue collante mêlée de sel.
Avant de pédaler vers ce bout de terre planté dans l’étang de l’Or, mieux vaut savoir à quoi s’attendre sous les roues. La réponse courte : oui, la pointe du Salaison se prête au vélo, mais pas à n’importe quel vélo ni à n’importe quelle période.
Type de vélo adapté à la pointe du Salaison
Le dernier tronçon avant la pointe du Salaison est un sentier étroit qui serpente à travers les roseaux. On roule sur un mélange de terre, de sable et de portions parfois humides. Un vélo de route à pneus fins n’a rien à faire ici : on s’embourbe en quelques mètres dès que le terrain est mouillé.
Un VTT ou un gravel à pneus larges reste le choix le plus fiable pour ce type de parcours. Le gravel offre un bon compromis si on combine la portion lagunaire avec les pistes cyclables goudronnées qui relient les communes du Pays de l’Or. Avec un VTC classique, on passe sans problème sur les grands chemins, mais le sentier final vers la pointe demande de la prudence (voire de mettre pied à terre sur quelques dizaines de mètres).
Un point concret à vérifier avant de partir : la pression des pneus. Sur ce sol meuble et salin, on gagne en adhérence en dégonflant légèrement par rapport à la pression habituelle sur route.
Parcours vélo autour de l’étang de l’Or : accès et itinéraire
Depuis Mauguio, l’accès à la pointe du Salaison à vélo passe par de petites routes de marais très peu fréquentées par les voitures. C’est l’un des atouts majeurs du coin : on pédale loin du trafic, entre grands chemins et pistes longeant l’étang.

Le parcours classique démarre du parking de la Capoulière et suit les chemins plats en direction du sud-est. La portion goudronnée cède progressivement la place à des pistes en terre compactée, puis au sentier dans les roselières. L’ensemble reste plat, sans aucun dénivelé notable, ce qui rend la sortie accessible à des enfants ou des cyclistes occasionnels.
Pour ceux qui veulent allonger la boucle, des itinéraires structurés existent autour de l’étang de l’Or. Certains parcours gravel documentés par des plateformes d’itinéraires cyclables proposent des sorties longues mais faciles, reliant plusieurs communes de l’est montpelliérain jusqu’au littoral. On passe alors d’une simple balade vers la pointe à une vraie sortie de plusieurs heures.
Connexion avec la voie verte du Pays de l’Or
La commune de Saint-Aunès doit être reliée à la voie verte du Pays de l’Or, ce qui renforce la cohérence d’un accès multimodal. On peut envisager de combiner train ou bus jusqu’à une gare proche, puis vélo pour le dernier kilomètre jusqu’à l’étang.
114 places de stationnement vélo sécurisées ont été installées en 2026 dans les communes et zones de loisirs du Pays de l’Or, y compris sur le littoral. Ça change la donne pour ceux qui hésitaient à laisser leur vélo sans surveillance pendant une pause observation.
Conditions de terrain et période pour rouler à la pointe du Salaison
Les retours varient sur ce point, et c’est normal : le terrain change radicalement selon la saison et la météo récente. En été, le sol est sec, craquelé par le sel, et parfaitement roulable. Après des épisodes de pluie (fréquents en automne dans l’Hérault), certaines portions basses se transforment en flaques salines où les roues s’enfoncent.
Privilégier la période de mai à septembre pour rouler confortablement reste la recommandation la plus fiable. En dehors de cette fenêtre, il faut accepter de porter le vélo sur quelques passages ou de contourner des zones inondées.
Un avis mis à jour en 2026 signale d’ailleurs une certaine dégradation du site par endroits. Cela ne remet pas en cause la faisabilité du parcours à vélo, mais il faut en tenir compte : ne pas s’attendre à un chemin entretenu de bout en bout.
Ce qu’on croise en chemin
Le vrai intérêt de cette sortie vélo, au-delà du pédalage, c’est le paysage lagunaire. On roule au milieu d’un décor qui rappelle la Camargue :
- Flamants roses visibles une bonne partie de l’année, souvent en groupes sur les berges de l’étang de l’Or (site classé Natura 2000)
- Hérons, aigrettes et de nombreuses autres espèces dans les roselières, ce qui en fait un spot prisé pour l’observation ornithologique
- Taureaux en pâture dans les prés bordant les chemins, avec parfois des ragondins qui traversent devant la roue
- Cabanes de pêcheurs traditionnelles posées au bord de l’eau, photogéniques et typiques du patrimoine local
On recommande d’emporter des jumelles, même compactes. Depuis la pointe elle-même, le panorama s’ouvre sur l’étang et le Pic Saint-Loup en arrière-plan, un cadrage difficile à obtenir ailleurs dans le secteur de Montpellier.

Vélo à la pointe du Salaison : les limites à connaître
Ce n’est pas une piste cyclable balisée avec du revêtement lisse. Le sentier final est étroit, parfois envahi par la végétation, et il n’existe pas de signalétique dédiée au vélo sur la portion lagunaire. On suit le chemin à vue.
Autre contrainte : aucun point d’eau ni commerce sur le parcours entre le parking de départ et la pointe. En plein été, avec la réverbération de l’étang, la chaleur monte vite. Prévoir au moins un litre d’eau par personne et de la crème solaire.
Le site est un écosystème protégé. On reste sur les sentiers existants, on ne coupe pas à travers les roselières, et on évite de rouler trop près des zones de nidification au printemps. Le respect du milieu naturel conditionne la pérennité de l’accès libre au site.
Pour une sortie combinée nature et hébergement atypique dans le secteur, dormir à proximité de l’étang permet de partir tôt le matin, quand la lumière est basse et les oiseaux les plus actifs. C’est à ce moment-là que la pointe du Salaison livre son meilleur visage, et que le vélo prend tout son sens : on couvre plus de terrain qu’à pied, sans le bruit d’un moteur qui ferait fuir la faune.

